Yvon Guillou

Yvon Guillou

Il combat ainsi l’éphémère
(propos sur le travail d’Yvon Guillou)

 

Entremêlement subtil des lignes, hybridation brute des formes, confrontation inattendue des couleurs. Les œuvres d’Yvon composent une singulière partition silencieuse. Le spectateur en suit la portée comme un interprète funambule qui, à chaque pas de l’oeil, trébuche mais sourit.

 

La ligne horizontale, avec son corps de ballet insolite et insolent, vibrionne sur plusieurs mètres. Le plomb tire et étire la ligne verticale jusqu’à l’extrême tension, questionne l’évidence même de la gravité. Yvon Guillou combat ainsi l’éphémère, avec la forme et la couleur, avec la matière. Le plexiglas ? Un autre verre et non un substitut du verre – comme le béton est poésie plus qu’ersatz de la pierre. La résine ? Un matériau franc, véritable trompe-la main. Le métal ? Noir. Les fils ? Sauvages !

 

Loin des post-gardes amollies qui placent l’anecdote au rayon de l’antidote – l’art serait-il devenu un poison ? –, Yvon Guillou refuse les illusions trompeuses et les paillettes qui collent aux doigts pour suivre son chemin de création pure. Ses œuvres habitent l’espace. Sont-elles légères ? Paraissent-elles fragiles ? Elles sont présence.

Laurent Grison